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26 Mai 2020
États-Unis, février 2016. Une exposition consacrée au pop art est sur le point de débuter à Philadelphie. Pour en faire la promotion, le musée publie sur le réseau social Facebook une œuvre de la peintre belge Evelyne Axell, intitulée Ice Cream(crème glacée). Mais la censure frappe !
"Contenu suggestif" : c’est la justification invoquée par les modérateurs de Facebook lorsqu’ils suppriment la photographie…
Or c'est justement pour sa démarche provocatrice que cette artiste a été choisie pour illustrer l’affiche !
Car Evelyne Axell, surnommée "l’amazone du pop art", peint dans les années 1960. À l'époque, beaucoup d’artistes de ce courant artistique représentent la femme comme un simple objet. Mais Axell, au contraire, met en scène des femmes actrices de leurs désirs.
Et si le modérateur, humain ou robot, semble trouver Ice Cream trop suggestif, qu’aurait-il pensé devant d’autres œuvres bien moins sages de l’artiste…
Toujours est-il que le musée de Philadelphie réplique. Face à cette mésaventure, il publie à nouveau l’œuvre sur Facebook en dénonçant la censure.
Très vite, des internautes lui emboîtent le pas en signe de soutien. Un mouvement est même lancé lorsque le groupe de musique Lucius, qui avait utilisé l’œuvre comme pochette d’un de leurs albums, s’en mêle...
Et ça fonctionne : Facebook finit par autoriser le retour de l’œuvre sur son réseau. Le scandale aura ainsi permis un bel hommage à l’artiste… et une excellente publicité pour l’exposition !